09.10.2007
LES ASYMÉTRIES DES MEMBRES INFÉRIEURS
"Dix-sept personnes sur vingt ont des membres inférieurs de longueurs différentes". C'est ce que mon entraîneur, Fabrice Lavillunière, m'a annoncé pour me faire comprendre à quel point l'inégalité de longueur entre les jambes est un sujet auquel il faut prêter attention. Si dans la plupart des cas, cela ne pose pas de problème, les cyclistes chez qui la différence est supérieure à 4 mm sont gênés par cette asymétrie.
En effet, le cyclisme est un sport symétrique. La position sur le vélo est très importante et une différence de longueur des membres inférieurs, si elle est trop importante, provoque des déséquilibres au niveau du pédalage et des déhanchements du bassin. Fabrice m'a expliqué qu'une différence de longueur au niveau des jambes peut entraîner des problèmes multiples : échauffements au niveau de l'entrejambe, douleurs lombaires ou encore tendinites récurrentes, dans tous les cas toujours d'un seul côté. C'est ce qui prouve l'asymétrie des membres inférieurs. Un autre signe qui peut mettre sur la voie est le fait d'avoir un des talons de ses chaussures (celles avec lesquelles on marche) plus usé que l'autre.
Pour être sûr que ses problèmes viennent bien d'une égalité de longueur entre ses jambes, il faut faire une radio des membres inférieurs, en station debout, qui permettra de mesurer les fémurs et tibias. Celle-ci peut être conseillée par un médecin après qu'on lui a fait part du problème.
Une fois le diagnostic établit, il s'agit d'apporter une solution. Si la différence de longueur est inférieure à 4 mm, il est préférable de ne rien changer, mais simplement d'effectuer un renforcement musculaire des abdominaux et des lombaires pour mieux fixer le bassin et éviter les petits soucis (cf. note du 06.11.2006).
Par contre, si la différence est supérieure à 4 mm, il est utile de trouver un moyen de la compenser. La solution la plus simple est d'insérer une "cale de compensation" entre la chaussure et la cale de fixation sur la pédale du côté de la jambe la plus courte. De telles cales sont vendues par Time dans tous les magasins détaillants (liste disponible sur http://www.timesport.fr, dans la rubrique "distribution"), souvent sur commande, et Look les envoie gratuitement à chaque personne qui en fait la demande par téléphone (03 86 71 36 00). Par contre, si vous êtes équipés de pédales Shimano, pas de chance, la marque n'en fabrique pas. Reste à le faire vous-même si vous êtes bricoleur !
"Cependant, nuance Fabrice, ces cales de compensation ne sont vraiment un bon remède que si la différence de longueur se situe au niveau des tibias. Si celle-ci est au niveau des fémurs, la cale crée un déséquilibre de l'angle de pédalage et par conséquent un déséquilibre musculaire. Le genou remonte trop haut, donc le travail du vaste interne augmente parce que le cycliste doit faire plus d'effort au moment d'attaquer la phase de poussée." Dans ce cas, il n'existe pas vraiment de solution miracle. Fabrice, qui a connu ce problème lorsqu'il courait, considère que la seule façon de régler ce problème serait de créer un pédalier qui comporterait deux demis axes. Le demi axe du côté le plus long serait positionné plus bas. Le tout est d'avoir un système qui renvoie les forces de gauche à droite. Fabrice avait fait usiner un tel pédalier dans lequel les deux demis axes étaient reliés par une "croix de Saint André" qui coulissait pour transmettre les forces, mais cette transmission n'était pas parfaite et apparement, personne n'a encore développé un tel système. Dans tous les cas, l'important est de faire un travail de renforcement des muscles abdominaux et lombaires pour bien fixer le bassin afin qu'il se déhanche moins.
Si vous connaissez une autre solution, n'hésitez pas à nous en faire part dans vos commentaires !
16:30 Publié dans Matériel, Suivi médical | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
28.07.2007
PRENDRE SOIN DE SES FESSES
Depuis le début du Tour, les coureurs ont passé près de 100 h assis sur le selle. Leur zone périnéale, sur laquelle ils sont assis, est donc soumise à de nombreuses agressions. Pour ne pas rencontrer de problèmes d’échauffement, d’infection de bulbes pileux, voire même de pathologies plus graves comme ce qu’on appelle le "troisième testicule", les coureurs doivent prendre soin de leur entrejambe.
Gérard Guillaume, médecin de la Française des Jeux, insiste sur l’importance de prévenir les risques de lésions. "Aujourd’hui, malheureusement, on sacrifie le confort au rendement. Les selles sont de plus en plus légères, donc fines. Pourtant, 40 % du poids du corps du cycliste repose sur la selle et la zone périnéale est soumise à d’autant plus de frottements et de compressions que la surface sur laquelle elle repose est faible. Il faudrait avoir des selles plus large, sans trou au centre puisqu'alors les pressions sont plus fortes sur les côtés, là où les lésions apparaissent, et sans couture sur le dessus. Les autres façons de prévenir ces risques sont d’avoir un vélo plus souple, des cotes bien adaptées à sa taille et de prendre bien soin de son cuissard. Celui-ci doit être lavé de préférence à la main, ou en machine avec des lessives non-agressives. Et surtout, il ne doit pas passer au sèche-linge !" On peut ensuite s’appliquer une pommade avant d’enfiler son cuissard. "Ce sont des pommades à base d’oxydes de zinc disponibles en pharmacie, poursuite le Dr Guillaume. Mais on peut également utiliser du talc, comme pour les bébés. " Nicolas Bonenfant, de la société Noret, fabricant de cuissards, insiste sur un autre point. "Le cuissard doit être une véritable seconde peau et ne pas bouger. Choisir exactement la bonne taille permet d’éviter bien de problèmes."
10:00 Publié dans Suivi médical, Tour de France | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
25.10.2006
L'UTILITÉ DU TEST MÉDICAL D'EFFORT
Pour savoir comment travailler en vue de la saison prochaine, est-il utile de se soumettre à un test médical d'effort ? C'est ce que j'ai demandé à mon entraîneur Fabrice Lavillunière.
Selon lui, un tel test peut être très utile pour cerner les plages de travail à effectuer sur le vélo, mais il ne faut pas le passer en ce moment, pendant la coupure hivernale. "Je préconise plutôt de le faire après la phase foncière, avant d'entrer dans celle de travail intensif, c'est-à-dire aux alentours de la fin du mois de février pour beaucoup", m'a-t-il précisé. Il est en effet important de réaliser ce test quand on arrive en condition. Il donne alors une idée sur le travail déjà accompli et sert à mieux planifier les entraînements spécifiques et intensifs.
Fabrice m'a prévenu : il faut faire attention à choisir le bon test. Certains centres médicaux pratiquent des tests valables, d'autres des tests qui le sont moins. Pour le calcul de la consommation maximale d'oxygène, la VO2 Max, mesure phare de ce test, il existe différentes méthodes d'évaluation.
La première est indirecte et consiste à l'estimer par rapport à l'augmentation de la fréquence cardiaque. Cette méthode n'est pas vraiment fiable puisqu'elle repose sur une estimation. La deuxième consiste à mesurer le taux d'acide lactique dans le sang en piquant une aiguille dans le doigt ou dans l'oreille. Celle-ci comporte également un problème : il existe un laps de temps entre le moment où le corps produit l'acide lactique et le moment où celui-ci arrive dans le doigt par exemple, elle n'est donc également pas d'une grande précision.
La seule méthode de mesure fiable à 100 % est celle qui utilise le masque sur le visage pour mesurer directement les variations du volume d'oxygène consommé et du volume de dioxyde de carbone rejeté. Grâce à ses mesures, un appareil trace des courbes et c'est en analysant les ruptures dans ces courbes qu'on détermine les seuils ventilatoires, c'est-à-dire les seuils aérobie et anaérobie. Avec cette méthode, les ruptures dans la courbe sont bien précises, il est donc plus facile d'analyser les résultats.
Pour conclure, Fabrice m'a averti sur les problèmes que peut poser le test médical d'effort : "il met en face de soi des données chiffrées qui disent : "toi, tu as tel niveau", mais, même si cela donne une idée, c'est aussi un préjugé. Un cycliste peut avoir des valeurs inférieures à un autre, mais être meilleur grâce à sa motivation, son intelligence de course..." Bref, il faut savoir interpréter ces chiffres et ne pas se dire qu'avec des valeurs relativement faibles, on ne va arriver à rien ! Le test est une base de travail, mais il ne faut pas prendre tout ce qu'il révèle au premier degré.
Pour l'interprétation des résultats, rendez-vous donc fin février !
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