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03.06.2007

LA COUPURE DURANT LA SAISON

Une saison cycliste est longue. Elle dure en général 7 à 8 mois. Lorsqu'on court tous les week-ends, on peut éprouver le besoin, aussi bien mental que physique, de souffler. La "coupure" qui consiste à un arrêt de l'activité cycliste durant une semaine à dix jours et un arrêt des compétitions d'environ trois semaines, peut alors être bénéfique.

J'ai demandé à mon entraîneur, Fabrice Lavillunière, quels étaient les signes qui pouvaient inciter à couper quand le faire et quelles conséquences, positives comme négatives, induisait la coupure.

Pourquoi une coupure ? Selon Fabrice, il est important de savoir déceler les signes de fatigue qui conduisent à devoir couper. Pour cela, il faut surveiller ses paramètres physiques régulièrement et, si possible, les noter pour observer leur évolution. Le matin, il faut prendre sa fréquence cardiaque au repos et se peser. Si on constate une variation importante d'un de ces paramètres (ou des deux puisqu'il arrive souvent qu'ils évoluent ensemble), par exemple une fréquence cardiaque au repos plus élevée qu'à l'accoutumée ou un poids qui baisse tout à coup, on peut penser qu'on est fatigué. Cette fatigue peut provenir d'un sur-entraînement (trop d'heures de selle), d'une mauvaise qualité du sommeil, d'un rythme de travail trop important ou d'une mauvaise hygiène de vie (trop de sorties, par exemple). Il peut alors être temps de faire une coupure. Fabrice insiste sur l'importance d'observer et de noter régulièrement sa fréquence cardiaque et son poids pour mieux se connaître et ainsi savoir détecter une fatigue trop importante. Mais la fatigue peut souvent être morale. Si on se sent régulièrement de mauvaise humeur, cela peut provenir d'une saturation de vélo, en particulier pour ceux qui courent beaucoup, et il peut être alors bon de s'arrêter un moment.

Quand couper ? Si on le fait parce qu'on se sent fatigué, on ne peut pas vraiment prévoir le moment. Mais certains préfèrent prévoir une coupure pour prévenir la fatigue, ce qui est souvent préférable. Elle se fait alors la plupart du temps aux alentours du milieu de la saison, après un gros objectif.

Quelles conséquences ? Si on arrête toute activité physique, on perd certaines de ses qualités acquises depuis le début de l'année. Pas toutes bien sûr. Mais dans ce cas, il faut reprendre ensuite progressivement l'entraînement et attendre au moins deux semaines après la reprise pour s'aligner de nouveau sur une course. Surtout, il faut accepter qu'on ne sera pas aussi fort qu'avant la coupure dès le retour, même si les capacités reviennent très vite, parfois meilleures. Pour ne pas trop perdre ses qualités physiques, il peut être préférable d'entretenir une activité physique de faible intensité autre que le vélo. Enfin, on peut effectuer une coupure uniquement de la compétition. On arrête alors de courir pendant deux week-ends en continuant à s'entraîner, mais de manière moins intensive. Il est alors plus facile de reprendre parce qu'on perd moins ses acquis. Mais l'important est que la coupure réponde à ses besoins. Souvent, elle sert à se changer les idées. S'obliger à une activité physique régulière alors qu'on en n'a pas envie serait contraire à l'objectif de la coupure et donc contre-productif.

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